Anticipations - Mensuel
29/07/2010
Anticipations-Mensuel 07.2010
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L'activité économique globale, après une période d'accélération, est entrée
dans une nouvelle phase. Elle continue de progresser, mais à un rythme
qui s'est infléchi.
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▪ En Asie, les évolutions restent fortes mais n'accélèrent plus aussi
rapidement qu'au cours des premiers mois de l'année 2010. Le PIB chinois
s'est infléchi et les indicateurs issus des enquêtes auprès des chefs d'entreprises
traduisent une progression plus modérée de l'activité. La région continue
néanmoins à contribuer grandement à la progression de l'activité globale
via des effets d'entraî nements importants liés aux échanges.
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▪ Au Japon, l'accélération constatée au premier semestre ne devrait
pas se prolonger. C'est ce qu'indique l'enquête Tankan auprès des chefs
d'entreprises. Bien que marquée par plus d'optimisme, la situation japonaise
reste conditionnée par l'environnement géographique immédiat.
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▪ En Amérique latine, la progression de l'activité est solide
également. Au Brésil, l'activité du 1er trimestre a augmenté
de plus de 11 % en taux annualisé.
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▪ Aux Etats-Unis, la situation des entreprises était très tendue
au printemps. L'inflexion perçue en ce début d'été et les tensions plus
limitées qui en découlent rendent le niveau d'activité plus soutenable.
On perçoit une plus grande fébrilité du côté des entreprises à la lecture
des premières enquêtes régionales de juillet. Les risques qui pourraient
se profiler sont liés à une activité qui progresse moins rapidement. Cette
incertitude, que l'on retrouve notamment sur le marché de l'emploi, provoque
un comportement plus erratique du côté des ménages et alimente la fragilité
du marché immobilier depuis la fin du crédit d'impôt intervenue en avril.
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▪En zone euro, les indicateurs macroéconomiques suggèrent une
progression plutôt rapide de l'activité au second trimestre. Cela reflète
l'inscription plus marquée de l'Europe dans la dynamique économique globale.
Néanmoins, vers la fin du trimestre, les signaux issus des enquêtes auprès
des chefs d'entreprise apparaissent moins vifs qu'au début du printemps,
provoquant des interrogations sur les perspectives de fin d'année.
L'amélioration de l'activité a permis une stabilisation du marché du travail
comme observé sur les chiffres du premier trimestre ainsi que les enquêtes
menées sur ce marché. Les consommateurs restent néanmoins prudents dans
leur comportement car les incertitudes ne sont pas levées.
Elles concernent notamment l'impact qu'auront les stratégies de consolidation
budgétaire qui seront à l'œuvre dans les prochains mois. L'objectif des
gouvernements, principalement en Europe, est de revenir à un ratio de déficit
sur PIB qui s'inscrirait sous le seuil de 3 % à l'horizon 2013-2014. Ce
changement de politique budgétaire doit permettre de stabiliser la dette
publique en 2015-2016 mais suggère une réduction rapide des dépenses publiques
qui pourrait venir affecter l'activité économique. Les expériences réussies
en la matière s’inscrivaient dans un temps d'ajustement plus long (5 à
6 ans). Elles s'opéraient qui plus est, dans un environnement particulier
où les taux d'intérêt de long terme baissaient profondément (provoquant
des arbitrages en faveur de la consommation) et où l’on constatait un
repli marqué du change, entraî nant ainsi un regain de compétitivité. Or,
ces conditions qui facilitent indéniablement la dynamique de l'activité
durant la période de consolidation budgétaire, ne sont pas réunies aujourd’hui.
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NOTRE ANALYSE DES MARCHES
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Le marché monétaire
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Dans cet environnement macroéconomique, les banques centrales sont très
prudentes même si leurs réactions sont hétérogènes.
-Dans les pays émergents, la forte progression de l'activité s'est
accompagnée de tensions sur les prix avec parfois de vraies accélérations
du taux d'inflation, comme en Inde et au Brésil. Dans cette situation,
les banques centrales ont tendance à durcir le ton de la politique monétaire.
On a ainsi vu en Inde, en Corée, à Taiwan, en Chine, mais aussi au Brésil
et au Pérou, des politiques monétaires moins accommodantes. Un changement
de tendance qu’autorisent les politiques budgétaires qui disposent encore
de degrés de libertés importants.
-Dans les pays industrialisés, la situation est très différente. Les
risques d'inflation sont limités en raison de l'absence de tensions sur
l'appareil productif. Il n'y aura donc pas de changement rapide des politiques
monétaires d’autant que l'adoption de programmes de consolidation budgétaire,
notamment en Europe, n'incite pas à un tel changement. Cela reviendrait
à prendre un risque supplémentaire sur la croissance. Les premiers mouvements
relatifs à des changements de stratégie monétaire ne seront donc pas perceptibles
avant 2011.
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Le marché obligataire
Au cours des dernières semaines, les marchés financiers ont évolué de façon
parfois très volatile. Le sentiment des investisseurs est dual. Il a été
parfois conditionné par les bons résultats des entreprises, reflétant la
reprise de l'activité économique constatée depuis la fin de l'année 2009.
Il s’est néanmoins parfois révélé plus dépendant de situations d'incertitude.
Sur ce dernier aspect, deux dimensions s'observent :
▪ La première traduit la perception des perspectives de l'activité et
l'idée que la dynamique de croissance serait moins robuste dans les mois
à venir ;
▪ La seconde est celle constatée sur le marché des capitaux avec la différenciation
du risque entre les pays, notamment au sein de la zone euro. Les questions
relatives aux finances publiques en ont été le révélateur sur le marché
européen. Cela s'est traduit par des profils de taux d'intérêt très différents.
En Allemagne et en France, les obligations d'Etat ont ainsi été perçues
comme des valeurs refuge. Un attrait se traduisant par un taux d'intérêt
qui a baissé au cours des dernières semaines. En revanche, les risques
associés à la Grèce, l'Espagne ou encore le Portugal se sont accrus et
les taux d'intérêt associés aux obligations d'Etat ont augmenté très sensiblement,
notamment en Grèce.
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Ces tensions et inquiétudes se sont réduites progressivement sans que les
taux d'intérêt ne redescendent pour autant au niveau d'avant-crise pour
les pays concernés. Ces moindres tensions résultent de l'ensemble des mesures
prises au cours du mois de mai par les européens, la BCE et le FMI pour
venir en aide aux pays en difficulté.
Les marchés de taux d'intérêt ont donc été conditionnés par la perception
d'une politique monétaire qui ne changerait pas rapidement, une absence
d'inflation dans les mois à venir et un risque différencié plus marqué
selon les pays, notamment au sein de la zone euro.
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Le marché des actions
Ces fluctuations et incertitudes sur le marché des taux d'intérêt ont conditionné
le marché des actions, provoquant des mouvements de grande ampleur. Les
indicateurs de valorisation des marchés d'actions restent à des niveaux
relativement bas en raison des attentes sur les résultats des entreprises.
Cependant, ce facteur qui valide les positions prises sur les marchés d'actions
est remis en cause à court terme par les incertitudes plus globales. En
outre, après près de trois années de crise, l'aversion au risque est toujours
très importante, ce qui tend à engendrer des arbitrages assez brutaux.
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Matières premières
L'incertitude globale se reflète aussi dans le prix très élevé de l'once
d'or.
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Le marché des changes
Sur le marché des changes, la parité de l'euro a très fortement fluctué
au cours des dernières semaines. Au moment des tensions fortes sur les
marchés européens, la monnaie unique était passée sous le seuil des 1,2
face au dollar. C'était un facteur positif pour faciliter les ajustements
au sein de la zone euro. Sa revalorisation récente est préoccupante.
Le changement de fixation du yuan chinois n'a pas encore de conséquences
majeures.
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Mensuel 07.2010
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Rédigé le 15/07/2010
par Philippe Waechter,
Directeur de la Recherche Economique de Natixis Asset Management
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