Anticipations - Mensuel
28/01/2010
Anticipations Mensuel 01.2010
.
- ANALYSE MACROECONOMIQUE
.
La dynamique conjoncturelle s'est améliorée depuis le début de l'été 2009.
Dans les pays émergents, l'expansion de l'activité est à nouveau forte
et robuste. Celle des pays développés s'améliore, mais plus lentement.
Chez ces derniers, les facteurs de rupture se sont progressivement estompés
et les inquiétudes ont été réduites en raison de l'intervention massive
et continue des autorités. Les indicateurs d'enquête auprès des chefs d'entreprise
sont désormais plus positifs : ces derniers considèrent que leur activité
reprend mois après mois. Les commandes s’étoffent et les entreprises tendent
à reconstituer des stocks.
.
Cette dynamique est vertueuse mais n'efface pas cependant toutes les fragilités
enregistrées depuis plusieurs mois. Au premier rang de celles-ci figure
la question de l'emploi. En effet, même si l'activité redémarre, elle reste
très en-dessous du niveau constaté au premier semestre 2008 : le décrochage
de la fin 2008 n’est pas encore comblé. En conséquence, l'emploi associé
à ce niveau d'activité est inférieur à celui observé dans la première partie
de 2008.
.
Cette situation continue de préoccuper les ménages. Leurs ressources sont
limitées, incertaines aussi et ils ne peuvent plus s'endetter aussi facilement
que par le passé. En conséquence, les dépenses de consommation manquent
de tendance. Cet environnement incitera les autorités à maintenir des stratégies
accommodantes en 2010. La tendance ne s’inversera pas sur ce point.
.
. Aux Etats-Unis
Une mise en place d'un nouveau plan de soutien pourrait être centrée sur
l'emploi dans les PME, permettant de rassurer l'ensemble des acteurs économiques
sur la robustesse et la pérennité de la reprise. Associée à la reconstitution
des stocks constatée actuellement, une telle mesure pourrait limiter l'impact
négatif attendu au deuxième semestre 2010, du plan de soutien mis en place
en 2009 par l'administration Obama. La conjugaison des deux phénomènes
pourrait faciliter la convergence de l'activité vers son potentiel.
. Zone Euro
L’hétérogénéité de l’Europe est un frein pour renouer avec des perspectives
de croissance rapide. Plusieurs pays ont un modèle de croissance qui ne
fonctionne plus de la même façon qu'avant la crise tels que l'Espagne,
l'Irlande, la Grèce et le Portugal. En outre, la volatilité des taux d'intérêt
de ces pays sont des sources d'incertitudes qui pénalisent l'ensemble du
Vieux Continent.
. Pays émergents
Du côté des émergents, la situation sera davantage complexe car le cycle
économique est déjà avancé et générateur de contraintes comme cela a été
expliqué par la Banque d'Australie qui, à l'automne 2009, a remonté son
taux de référence à trois reprises afin d'inscrire sa politique monétaire
dans le cycle économique asiatique. On ne peut exclure d'autres mouvements
en 2010 au Brésil, en Corée ou encore en Argentine. Le caractère particulier
du cycle actuel apparaî trait alors immédiatement puisque les pays émergents
adopteraient des stratégies plus offensives, plus rapidement que les pays
industrialisés. Associée à l’intensité accrue des échanges de biens et
une augmentation des liens financiers entre pays émergents, cette situation
reflètera avec un face-à-face inédit avec les pays industrialisés.
Avec des vitesses d'ajustements différenciées, le rapport de force entre
pays émergents et développés se modifie en profondeur. Il traduit un monde
qui change autour d'un nouvel équilibre qui se construit.
.
- NOTRE ANALYSE DES MARCHES
.
. Le marché monétaire
Les banques centrales ont maintenu des taux d'intérêt très bas tout au
long de 2009 afin de limiter au maximum les contraintes portant sur l'ensemble
des acteurs économiques. Cette stratégie sera poursuivie en 2010. Indépendamment
de cet aspect, les Banques centrales cherchent à mettre en place les instruments
et les moyens qui permettront d'éponger les liquidités injectées sur le
marché depuis plus d'un an, lesquelles avaient permis aux autorités d'absorber
le risque et de le mutualiser. Aujourd'hui, la situation étant différente,
les banques ne souhaitent pas maintenir à long terme cet excès de liquidité,
ceci afin d’éviter des déséquilibres supplémentaires dans un futur proche.
La BCE est déjà intervenue en réduisant, par exemple, ses apports de liquidité
sur longue période. La Fed a également commencé à altérer sa stratégie
sur ce point.
.
. Le marché obligataire
Les taux d'intérêt obligataires sont très légèrement remontés en fin d'année
2009, mais sans remettre en cause le scénario de stabilité que Natixis
Asset Management privilégie. Le point d'interrogation est venu de la zone
euro où une situation de défiance a affecté la Grèce puis le Portugal.
Les investisseurs s'interrogent sur la façon dont les autorités vont opérer
pour régler la situation budgétaire. D'une manière générale, cette interrogation
sur la stabilisation des finances publiques va être importante en 2010
et pourrait être la source d'une volatilité accrue des marchés de taux
d'intérêt.
.
. Le marché
actions
L'amélioration conjoncturelle et la réduction des incertitudes ont favorisé
une orientation haussière des marchés sur la fin de l'année 2009. Les marchés
ne sont plus sous-valorisés. De la sorte, les investisseurs regardent avec
attention la dynamique de croissance et la manière dont celle-ci améliore
les résultats des entreprises. C'est la réduction des incertitudes sur
cet aspect qui renforcera les marchés.
.
.
par Philippe Waechter
.
Directeur de la Recherche Economique de Natixis Asset Management
Rédigé le 20/01/2010
.
Ce document est destiné à des clients professionnels.
.
Aucune information contenue dans ce document ne saurait être interprétée
comme possédant une quelconque valeur contractuelle. Ce document est produit
à titre purement indicatif. Il constitue une présentation conçue et réalisée
par Natixis Asset Management à partir de sources qu'elle estime fiables.
Natixis Asset Management se réserve la possibilité de modifier à tout moment
et sans préavis les informations présentées dans ce document qui ne constitue
en aucun cas un engagement de sa part. Ces informations ne peuvent pas
être interprétées comme étant un conseil en investissement ou une recommandation
quelconque de la part de Natixis Asset Management. Natixis Asset Management
ne saurait être tenue responsable de toute décision prise ou non sur la
base d'une information contenue dans ce document, ni de l'utilisation qui
pourrait en être faite par un tiers. Ce document ne peut faire l'objet
de copies qu'à titre d'information, la copie étant réservée au seul usage
privé. Il ne peut pas être utilisé, reproduit, diffusé ou communiqué à
des tiers ou en partie, sans le consentement écrit préalable de Natixis
Asset Management.